Wednesday, September 10, 2014

un régime Dolo-mythique / una dieta Dolo-mítica (#5)


Jour 5: via ferrata du Col Rodella (2480m) ;
D+ 350m (vf 150m)

On avait en vue pour ce cinquième jour consécutif de temps-qui-tient-à-peu-près, une ferrata catégorie "on joue dans la cour des grands", à laquelle on a du renoncer pour cause de prévision de pluies en milieu de journée. On s'est dit "pourquoi s'exposer aujourd'hui? faisons confiance au temps! demain il fera beau". On dirait qu'on n'a rien appris en 11 mois. Ah ah ah! L'optimisme et la naïveté de la jeunesse, dit Futuna qui voit ses 36 ans approcher à grands pas. Notre plan B, du coup, c'est une ferrata courte et facile celle-là, la seule vraiment dans le secteur, rapide d'accès et sans histoires, mais qui débouche sur un belvédère aussi modeste qu'il est bien entouré, offrant des vues splendides sur les 3000 environnants: groupe du Sassolungo, de Sella et du Piz Boé et plus loin, la Marmolada.

L'approche ne laisse pas la place au doute: entre les rangées de pylones des télésièges court une piste goudronnée qui relie au moins quatre refuges-hôtels-restaurants avec terrasse panoramique et spa. Les pancartes "zimmer" (ça veut dire chambres, apparemment, dans l'autre langue co-officielle de la région, qui est aussi celle parlée par la plupart des touristes…) font de l'ombre à celles avec le menu du jour, il ne manque que les rabatteurs et les vendeurs de roses. En une quarantaine de minutes, la piste conduit facilement à la gare amont d'un énorme téléphérique venu de la vallée, qui déverse à longueur de journée des flots saccadés de mouettes et de parapentistes, apparemment déjà trop embourgeoisés pour monter à pied, barda au dos...
Día 5: via ferrata al Col Rodella
(2480m) ; D+ 350m (vf 150m)

Para este quinto día consecutivo de tiempo que-más-o-menos-se-aguanta pensamos en abordar una ferrata de primera división, a la que tuvimos que renunciar por causa de unas previsiones de lluvia para el mediodía. Nos dijimos –para qué complicarnos la vida hoy? mañana seguro que hará bueno. Algunos dirán que no hemos aprendido nada en 11 meses. Ja ja ja! El optimismo y la inocencia de la juventud, dice Futuna que ve acercarse sus 36 peligrosamente.  Así pues, nuestro plan B, fue otra ferrata realmente corta y fácil, la única en la zona, de fácil acceso y sin mucha complicación pero que desemboca en un despeñadero igual de modesto que bien acompañado, ofreciendo unas vistas espléndidas de los 3000 de los alrededores: los del grupo del Sassolungo, los del Sella y del Piz Boé y algo más lejos, la Marmolada.

La aproximación al inicio de la ferrata no deja lugar a dudas: entre filas de postes de telesilla transcurre una pista asfaltada que une por lo menos cuatro refugios-hoteles-restaurantes con terraza panorámica y spa. Las pancartas de "zimmer" (habitación en alemán, lengua co-oficial en la provincia autónoma del Trentino) hacen sombra a las del menú del día, sólo faltan los ganchos para captar clientela y los vendedores de rosas. En unos cuarenta minutos, la pista nos lleva a la estación monte del teleférico que sube desde el valle, y del que se derrama un mar agitado de gaviotas y parapentistas, aparentemente demasiado aburguesados ya para cargar su bardal en la espalda…
Mais revenons un moment sur les mouettes: si pour les marins au long cours, la vue de ces oiseaux rieurs est supposée annoncer la proximité d'une terre, nous appelons quant à nous "mouettes" ces randonneurs en jeans et sandales ou baskets Pluma, qui commencent à marcher à partir de onze voire treize heures, avec invariablement une petite bouteille plastique de 25cl à la main et le plus souvent un sac banane et/ou une glacière: familles ou couples qui randonnent avec leur plaid de pique-nique roulé dans un sac de courses Desiguanes, parfois du matériel de montagne mais le cas échéant, ce n'est évidemment pas celui qui convient à la situation. N'y voyez aucun snobisme, c'est une triste conséquence de la démocratisation des loisirs de montagne. Alors pourquoi des mouettes? Tout simplement parce quand on les croise à la descente, on sait que le parking n'est plus très loin… CQFD et fin de la parenthèse!

Entre les pylones et les filets de sécurité de la station du téléphérique un sentier à peine marqué contourne le Col Rodella et conduit en face sud à la base d'une belle barre rocheuse. Il ne reste alors plus qu'à prendre place confortablement dans la queue et attendre son tour sagement pour pousser ses mousquetons le long d'un cable d'acier tout neuf. On a donc eu le temps de jouer à grimper sans se tenir à la ligne de vie, façon "escalade libre", à faire des photos de parapentes pendant les temps d'attente et même à admirer de vrais edelweiss sauvages, qui poussent à deux mètres de la via dans l'indifférence générale des passants (et heureusement!). Règle nº5: les fleurs et animaux de montagne sont généralement des espèces protégées, on les regarde mais on ne les touche pas, on ne leur donne pas à manger (et ceci est valable aussi pour les marmottes!) et sous aucun prétexte il n'est envisageable de les emporter à la maison comme souvenir ou porte-bonheur.
Pero parémonos un momento en las gaviotas: si para los marineros de alta mar, ver estos animales anuncia la proximidad a la costa, en lo que a nosotros respecta las gaviotas son esos excursionistas en tejanos, sandalias o bambas Pluma, que empiezan a andar a las once o incluso a la una del mediodía, con un botellín de plástico lleno de agua y a menudo una mochila una riñonera o una nevera portátil: familias o parejas que salen a caminar con su manta de picnic enrollada en una bolsa de plástico-papel Desiguana, a veces con material de montaña pero en cualquier caso no el que conviene para la situación. No vean ningún esnobismo aquí, es una triste consecuencia de la democratización de los deportes de montaña. Entonces, por qué las gaviotas? Pues sencillamente cuando nos cruzamos con ellos en la bajada, sabemos que el parking ya no queda muy lejos…
Q.E.D (quod erat demonstrandum) y fin del paréntesis!

Entre los postes y las redes de protección de la estación del teleférico (otro) hay un sendero apenas marcado que rodea el Paso Rodella y nos conduce por la cara sur hasta la base de una franja rocosa. A partir de ahí sólo queda ponerse a la cola y esperar su turno pacientemente para ir empujando los mosquetones a lo largo del cable de acero nuevecito. Dispusimos pues de tiempo de sobras para poder escalar sin apenas agarrarnos a la línea de vida, fingiendo hacer escalada libre, haciendo fotos de parapentes en los ratos de espera e incluso contemplando largo y tendido auténticos edelweiss silvestres que crecen a escasos metros de la vía ante la indiferencia generalizada del público que pasa por ahí (por suerte!). Regla nº5: las flores y los animales silvestres suelen ser especies protegidas, se miran pero no se tocan, ni se les da de comer (eso vale para las marmotas también!) y bajo ningún concepto se llevan a casa.
Malgré les embouteillages, le sommet est arrivé bien vite, trop peut-être si l'on considère ses antennes relais télécom, son refuge avec terrasse panoramique réservée aux clients et son parking pour 4x4. Eh oui! la piste goudronnée arrive jusque là, ce qui nous a conduits à nous demander à quoi rimait au fond cette ferrata si courte et toute neuve. On a vite compris, quand le courant d'air a poussé vers nous l'odeur de cuisine du refuge, tout en complexes de Maillard de viande de boeuf grillée et fromage fondu… On est redescendus au TRANSITion! en courant entre les pylones et les canons à neige, slalomant entre les pancartes publicitaires et surtout, à contre-courant des mouettes qui montaient toujours plus nombreuses pour s'affaler lourdement aux tables des restaurants. Juste à côté de nous sur le parking, on est tombés sur beau morceau de nomadisme tout terrain: un camion 4x4 énorme, avec caisse séparée et là où d'autres ont deux vélos, une "petite" Honda 650! Immatriculé en Suisse, il jouait décidément dans une autre catégorie (on se demande toujours laquelle, d'ailleurs...), mais professait une même philosophie: "Because home can be anywhere". Vous voyez? Ça va faire un an qu'on le répète! Un(t)raveling, ou l'art de trouver les mots (écrits par d'autres s'il le faut).
A pesar de los atascos, llegamos a la cima bastante rápido, quizás demasiado, a juzgar por sus antenas de telecomunicaciones, su refugio con terraza de vista panorámica reservada a los clientes y su parking de 4x4. Y sí! La pista asfaltada llega hasta allí! Lo que nos lleva a preguntarnos qué sentido tiene esta ferrata tan cortita y nueva. Lo entendimos rápido, cuando la corriente de aire trajo hasta nosotros el olor de la cocina del refugio, a base de reacciones de Maillard, de carne de ternera a la brasa y queso fundido…Volvimos a la TRANSITion! corriendo entre postes y cañones (dormidos) de nieve, haciendo slalom entre las pancartas publicitarias y sobretodo, yendo en sentido opuesto a las gaviotas que seguían subiendo en bandadas para desplomarse sobre las mesas de los restaurantes. Pegadito a nosotros en el parking, nos encontramos con una muestra curiosa de nomadismo todo-terreno: un enorme camión 4x4, con célula separada y allí donde los otros camping-car llevan colgadas un par de bicis, el camión llevaba ni más ni menos que una "pequeña" Honda 650! Con matrícula suiza, jugaba claramente en otra liga (nos preguntamos en cuál…) pero profesaba la misma religión: "Because home can be anywhere". Lo ven? Hace casi un año que lo repetimos! Un(t)raveling, o el arte de encontrar la palabra justa (escrita por otros si es preciso).

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